IJSS 2026 : plafonds à retenir, calcul maladie et cas particuliers

Les IJSS 2026 compensent une perte de salaire lorsqu’un arrêt de travail ouvre droit à des indemnités journalières de Sécurité sociale. Le montant dépend du motif de l’arrêt, du salaire journalier de base, des plafonds applicables et, en maladie, du délai de carence de 3 jours. Pour un salarié, un employeur ou un gestionnaire de paie, le point de contrôle reste le même : appliquer le bon régime, au bon moment, avec le bon plafond.

Les montants IJSS 2026 à retenir selon la situation

Les plafonds ne sont pas identiques selon qu’il s’agit d’un arrêt maladie, d’une maternité, d’une paternité ou d’un accident du travail. Cette distinction change le montant versé, même lorsque la rémunération de départ est proche. Un même salaire brut peut donc conduire à des indemnités très différentes selon le régime d’indemnisation.

Situation indemnisée Montant maximal journalier indiqué Point de vigilance
Maladie 41,95 € / jour selon Service Public ; 42,97 € / jour selon Ameli et Legisocial Vérifier la date de l’arrêt et la référence utilisée, notamment après revalorisation du SMIC
Maternité, paternité, accueil de l’enfant, adoption, deuil 104,02 € / jour Régime distinct de l’arrêt maladie classique
Accident du travail ou maladie professionnelle, 28 premiers jours 240,49 € / jour Taux mentionné de 60 %
Accident du travail ou maladie professionnelle à partir du 29e jour 320,66 € / jour Taux mentionné de 80 %

Pour un arrêt maladie, les indemnités journalières sont versées à partir du 4e jour, après 3 jours de carence. Les trois premiers jours peuvent donc rester non indemnisés par l’Assurance Maladie, sauf règles particulières ou maintien de salaire prévu par l’entreprise. C’est un point simple sur le papier, mais décisif sur un arrêt court.

Les montants officiels sont à rapprocher des fiches publiées par les organismes compétents, notamment Service Public et Ameli. En paie, cette vérification évite d’appliquer un plafond qui ne correspond ni à la date de l’arrêt ni à la situation du salarié. Quand plusieurs références existent, il faut retenir celle qui colle au début de l’arrêt et à la période indemnisée.

Le calcul des IJSS maladie : partir du salaire journalier de base

Le calcul des IJSS suit une règle stable. On détermine d’abord le salaire journalier de base, puis on applique le taux d’indemnisation et le plafond prévu. Le montant obtenu peut ensuite être complété par l’employeur lorsque le maintien de salaire s’applique. Pour la paie, l’enjeu est surtout de sécuriser la base retenue avant de multiplier par le bon taux.

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La formule de base sur les 3 derniers mois

Pour un salarié mensualisé, le salaire journalier de base se calcule à partir des salaires bruts soumis à cotisations des 3 mois précédant l’arrêt de travail. La somme est divisée par 91,25. Ce diviseur transforme une période trimestrielle en moyenne journalière et permet d’obtenir une base homogène d’un dossier à l’autre.

En arrêt maladie, l’indemnité correspond à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite du plafond applicable. Si la rémunération du salarié dépasse ce plafond, le calcul ne se fait pas sur le salaire réel, mais sur la base plafonnée. C’est souvent là que se glissent les erreurs : le salaire d’origine est exact, mais la base retenue ne l’est pas.

Le plafond lié au SMIC

Pour les IJSS maladie, la base de calcul est plafonnée par référence au SMIC mensuel. Le coefficient maximal mentionné est de 1,4. Après la hausse automatique du SMIC de 2,41 % au 1er juin 2026, le SMIC horaire brut passe de 12,02 € à 12,31 €. Sur une base de 35 h, le SMIC mensuel brut calculé est de 1 867,02 €.

Le plafond à 1,4 SMIC mensuel atteint alors 2 613,83 €. En le rapportant au calcul journalier, le salaire journalier de base maximal est de 85,94 €. À 50 %, cela conduit à un montant maximal d’IJ maladie de 42,97 € par jour, montant mentionné par Ameli et Legisocial pour la période revalorisée. Le plafond ne change donc pas la règle de calcul, mais la valeur de départ sur laquelle elle s’applique.

Un exemple simple pour éviter les erreurs

Imaginons un arrêt maladie débutant le 15 juillet 2026 et se terminant le 31 juillet 2026. Si le salarié dépasse le plafond de référence, il ne faut pas calculer 50 % de son salaire journalier réel, mais 50 % du salaire journalier de base maximal, soit 85,94 €. L’IJSS maladie maximale ressort alors à 42,97 € par jour indemnisable.

Dans cet exemple, les jours d’arrêt ne sont pas tous indemnisés. Avec 3 jours de carence, le versement commence au 4e jour. Sur un arrêt court, cette règle a un impact immédiat sur le montant réellement perçu, car elle réduit la période payée même si l’absence est continue.

Revalorisation du SMIC : pourquoi le plafond peut changer en cours d’année

Le montant des IJSS maladie dépend directement du SMIC, car le plafond de calcul y est lié. La revalorisation automatique du SMIC au 1er juin 2026 entraîne une hausse du plafond applicable aux IJSS maladie, avec une application du nouveau plafond au 1er juillet 2026 selon Legisocial. Pour la paie, la date de début de l’arrêt compte donc autant que le montant du salaire.

Cette chronologie explique pourquoi plusieurs montants peuvent coexister dans les références consultées. Un montant de 41,95 € / jour est indiqué par Service Public pour les IJSS maladie 2026, tandis que le montant maximal de 42,97 € / jour apparaît chez Ameli et Legisocial dans la logique de revalorisation. Pour sécuriser un calcul, il faut regarder la date de début de l’arrêt, la période indemnisée et la référence utilisée dans le dossier.

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La mécanique devient plus lisible si l’on garde une idée simple : le salaire brut donne la matière de départ, mais le plafond fixe la limite. Le SMIC, le plafond, le taux, la carence et la date d’effet s’additionnent ensuite dans un ordre précis. Si l’un de ces paramètres est mal posé, le résultat final est faux, même si le salaire d’origine est exact.

Versement des IJSS : CPAM, MSA, employeur et subrogation

Les IJSS sont versées par l’Assurance Maladie, généralement via la CPAM pour les salariés du régime général ou la MSA pour les salariés agricoles. Dans le cas le plus simple, le salarié perçoit directement les indemnités sur son compte après traitement de l’arrêt et vérification des droits. Le circuit est simple côté salarié, mais il demande un suivi rigoureux côté paie.

Le rôle de l’employeur dans le circuit

L’employeur intervient pour transmettre les éléments nécessaires au calcul, déclarer les salaires et gérer l’impact sur le bulletin de paie. Les IJSS intéressent donc directement la paie, car elles peuvent se combiner avec un complément de salaire employeur. Ce complément peut permettre d’atteindre jusqu’à 100 % du salaire initial lorsque les règles applicables le prévoient.

Il ne faut pas lire les IJSS comme l’unique revenu possible pendant l’arrêt. Elles correspondent à la part versée par la Sécurité sociale, tandis que le maintien de salaire relève des obligations légales, conventionnelles ou internes à l’entreprise. La fiche de paie doit distinguer ces éléments avec précision pour éviter une double indemnisation ou une retenue excessive.

La subrogation : quand l’employeur reçoit les IJSS

En cas de subrogation, l’employeur perçoit directement les IJSS à la place du salarié. Ce mécanisme est courant lorsque l’entreprise maintient tout ou partie du salaire pendant l’arrêt. Le salarié reçoit alors sa rémunération via l’employeur, qui récupère les indemnités auprès de la caisse. Le versement est décalé, mais la logique reste la même : la caisse paie, puis l’entreprise réintègre les sommes dans son suivi de paie.

Pour l’entreprise, la subrogation impose un suivi précis : montant attendu, montant reçu, période couverte, décalage de paiement et régularisation éventuelle. En DSN, les informations de paie doivent rester cohérentes avec les indemnités journalières, notamment lorsqu’un bloc de rémunération comme DSN S21.G00.51.013 est utilisé dans le traitement déclaratif. Sans ce contrôle, l’écart se voit vite sur le bulletin ou lors d’une régularisation.

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Cas particuliers à ne pas mélanger avec l’arrêt maladie classique

Toutes les IJSS ne suivent pas la logique de la maladie ordinaire. C’est une source d’erreur fréquente : appliquer le raisonnement des 50 % et du plafond maladie à une maternité, une paternité ou un accident du travail. Chaque situation a son propre cadre, son propre plafond et ses propres règles de calcul.

Maternité, paternité, adoption et deuil

Les indemnités liées à la maternité, à la paternité, à l’accueil de l’enfant, à l’adoption ou au deuil relèvent d’un cadre spécifique. Le plafond journalier indiqué est de 104,02 €. Le calcul et les conditions d’ouverture de droit doivent donc être examinés séparément d’un arrêt maladie ordinaire. On ne transpose pas la formule maladie à ces situations sans vérification.

Cette distinction compte aussi pour le salarié : deux absences de même durée peuvent conduire à des montants différents si leur nature juridique n’est pas la même. Pour l’employeur, le motif de l’arrêt conditionne le bon paramétrage du bulletin et le calcul du complément éventuel. Le même réflexe de contrôle doit donc être conservé à chaque cas.

Accident du travail et maladie professionnelle

En accident du travail ou maladie professionnelle, les plafonds sont nettement plus élevés : 240,49 € / jour pendant les 28 premiers jours, puis 320,66 € / jour à partir du 29e jour. Les taux mentionnés sont également différents, avec 60 % au début puis 80 % à partir du 29e jour. La bascule entre les deux périodes mérite un contrôle séparé.

Le passage du 28e au 29e jour est donc un repère clé. Pour un arrêt long, il peut modifier sensiblement l’indemnisation. Un contrôle de paie sérieux doit isoler cette bascule, vérifier le nombre de jours indemnisables et éviter de prolonger par erreur le taux initial sur toute la période. C’est souvent un point de vigilance simple, mais très rentable en fiabilité.

Certaines personnes sans emploi peuvent également bénéficier d’indemnités journalières sous conditions. Là encore, la situation personnelle, les droits antérieurs et le régime d’affiliation doivent être vérifiés auprès de l’Assurance Maladie ou de la MSA avant de tirer une conclusion sur le montant possible. Le principe reste identique : examiner le droit ouvert avant de conclure sur le versement.

Élise Tournebize

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