La Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) accompagne les personnes dont l’état de santé entrave la vie quotidienne, professionnelle ou sociale. Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de liste officielle restrictive qui exclurait d’office certaines pathologies. Toutefois, une sélection de 30 affections de longue durée sert de socle de référence pour l’évaluation des droits. Comprendre comment ces maladies sont analysées est la première étape pour obtenir une reconnaissance de handicap et accéder aux aides financières ou humaines.
Quelles sont les maladies ouvrant droit à une reconnaissance MDPH ?
La MDPH ne se base pas uniquement sur un diagnostic médical pour accorder une aide, mais sur le retentissement de la pathologie dans la vie de l’usager. Les pathologies chroniques et invalidantes sont regroupées par grandes familles pour faciliter l’étude des dossiers par l’équipe pluridisciplinaire.

Les maladies neurologiques et neuromusculaires
Ces pathologies touchent le système nerveux central ou périphérique et entraînent des troubles moteurs, cognitifs ou sensoriels. Elles représentent une part importante des dossiers déposés.
La Sclérose en Plaques (SEP) est une maladie inflammatoire du système nerveux central provoquant une fatigue intense et des troubles de la marche. La Maladie de Parkinson se manifeste par des tremblements, une rigidité musculaire et une lenteur des mouvements. La Maladie d’Alzheimer et les autres démences apparentées impactent l’autonomie cognitive. L’Épilepsie, lorsqu’elle est sévère et non stabilisée par les traitements, est également prise en compte, tout comme la Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), ou maladie de Charcot, qui nécessite un accompagnement rapide et évolutif.
Les pathologies psychiques et troubles du développement
Le handicap psychique est pleinement reconnu par la loi, au même titre que les troubles apparaissant dès l’enfance.
Les Troubles du Spectre Autistique (TSA), incluant le syndrome d’Asperger, sont des motifs fréquents de demande. La Schizophrénie et les troubles psychotiques chroniques sont aussi évalués. Les Troubles Bipolaires sont pris en compte lorsqu’ils génèrent une instabilité sociale et professionnelle majeure. Les Troubles DYS (dyslexie, dysphasie ou dyspraxie) sont reconnus lorsqu’ils sont sévères chez l’enfant ou l’adulte. Enfin, la Dépression sévère est éligible lorsqu’elle devient résistante aux traitements et empêche toute activité.
Les maladies chroniques et inflammatoires
Ces maladies, souvent invisibles, épuisent l’organisme et limitent la capacité de travail ou les gestes de la vie courante.
Le Diabète de type 1 et 2 est reconnu, surtout en cas de complications graves comme la rétinopathie ou la neuropathie. L’Insuffisance Rénale Chronique est prise en compte, particulièrement au stade de la dialyse. La Polyarthrite Rhumatoïde et les autres rhumatismes inflammatoires chroniques, comme la spondylarthrite ankylosante, figurent parmi les pathologies évaluées. Les Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI), telles que la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, ainsi que le VIH / Sida, en fonction de l’état immunitaire et des effets secondaires des traitements, ouvrent également droit à une étude de dossier.
Le fonctionnement de l’évaluation : au-delà du nom de la maladie
Figurer dans cette liste ne garantit pas automatiquement l’octroi d’une aide comme l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH). L’équipe pluridisciplinaire de la MDPH évalue le taux d’incapacité. Ce taux mesure l’entrave générée par la pathologie plutôt que la maladie elle-même. Deux personnes souffrant de la même pathologie peuvent obtenir des taux différents selon leur environnement, l’efficacité de leurs traitements et les gestes qu’elles ne peuvent plus accomplir seules.
Formulaire officiel de demande de droits auprès de la MDPH — Accédez au formulaire Cerfa indispensable pour détailler votre situation et solliciter vos droits et aides auprès de la MDPH.
La MDPH quantifie la perte d’autonomie pour compenser, par des aides techniques ou financières, le déséquilibre créé par la pathologie. Cette vision permet de mieux rédiger son « projet de vie », en expliquant ce que l’on perd en termes d’énergie et de temps chaque jour.
Tableau synthétique des aides selon les situations
Le tableau ci-dessous résume les principales prestations auxquelles vous pouvez prétendre selon la nature de votre handicap et l’évaluation de la commission (CDAPH).
| Type de besoin | Prestation principale | Critère majeur |
|---|---|---|
| Aide financière au quotidien | Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) | Taux d’incapacité ≥ 80% (ou 50-79% avec restriction d’accès à l’emploi) |
| Compensation technique ou humaine | Prestation de Compensation du Handicap (PCH) | Besoin d’aide pour les actes essentiels (toilette, déplacements) |
| Aménagement du travail | RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) | Difficultés à conserver ou obtenir un emploi |
| Facilités de déplacement | Carte Mobilité Inclusion (CMI) | Réduction importante de la capacité de marche |
Comment constituer un dossier solide pour la MDPH ?
La réussite d’une demande repose sur la précision des documents fournis. Beaucoup de refus découlent d’un manque de détails sur les conséquences quotidiennes de la pathologie.
Le certificat médical : la pièce maîtresse
Le certificat médical doit être récent (moins de 12 mois) et rempli avec précision par votre médecin traitant ou un spécialiste. Il ne doit pas se limiter à nommer la maladie. Il est impératif qu’il décrive les limitations fonctionnelles : difficulté à rester debout, troubles de la concentration, douleurs chroniques non soulagées ou besoin d’une tierce personne pour certains soins.
La rédaction du projet de vie
Le « projet de vie » est le seul espace où l’usager peut s’exprimer directement. C’est ici que vous devez détailler l’impact invisible de votre pathologie. Expliquez comment la maladie fragilise votre vie sociale, vos loisirs, votre vie de famille ou votre moral. Plus votre récit est concret et illustré d’exemples quotidiens, plus l’évaluateur pourra se représenter votre situation réelle.
Que faire en cas de refus ou d’incompréhension ?
Si la MDPH rejette votre demande ou attribue un taux d’incapacité jugé trop faible, plusieurs voies de recours existent. Les décisions sont parfois révisées après l’apport de nouvelles précisions.
Le premier niveau est le Recours Administratif Préalable Obligatoire (RAPO). Vous disposez de deux mois après la réception de la décision pour envoyer une lettre recommandée expliquant pourquoi vous contestez le choix de la commission. Vous pouvez y joindre des bilans médicaux complémentaires ou une lettre de votre spécialiste étayant votre situation. Si le RAPO n’aboutit pas, il est possible de saisir le tribunal de grande instance (pôle social). Ces démarches sont essentielles pour faire valoir vos droits, surtout si votre pathologie est évolutive.